 
Edito
La nouvelle équipe de rédaction
Télévision
Actu TV : Bref
TV tradictionnelle vs TV online
Cinéma
Actu ciné : Box office
Critique de film
Interviews :
- Françoise Guyonnet
- Johanna Bourson
Nouveaux Médias
Internet : Websérie


|
Une petite révolution !
Cette année, notre MBA de Production Audiovisuelle va souffler sa 9ème bougie. Neuf ans déjà que producteurs, directeurs de production, responsables de chaînes, juristes du CNC ou du CSA, réalisateurs, auteurs, nous accompagnent dans cette belle aventure qui nous a permis de former plus de 350 élèves.
Pour cette 9ème promotion du MBA, nous avons décidé de repenser complètement notre programme, pour répondre encore mieux aux attentes de nos élèves et du marché. Désormais le MBA est scindé en deux options : une option « cinéma » (pour ceux qui se destinent à la production de longs-métrages ou à la distribution de films) et une option « télévision » (pour ceux qui souhaitent se lancer dans la production de programmes télévisés ou le management au sein de chaînes de télé). Ainsi les 60 élèves de notre nouvelle promotion peuvent suivre dès le début de l’année des cours spécifiques dans le domaine qui les passionne et au sein duquel ils souhaitent évoluer. Bien évidemment, un tronc commun constitué de matières aussi fondamentales que le droit, le management, la direction de production ou encore la gestion, est là pour assurer la base des cours et de l’enseignement. Mais c’est bien cette possibilité qui est offerte à nos élèves de pouvoir se spécialiser dès le mois d’octobre dans le secteur de leur choix (tant du point de vue des cours que des stages effectués) qui, à notre sens, va leur donner un réel avantage compétitif pour décrocher un stage et par la suite un emploi.
Place donc à cette 27ème Newsletter « Grand Angle », qui, je le rappelle, est entièrement rédigée par les élèves du MBA.
Philippe Marcoux
Réalisateur – Producteur
Directeur du MBA Spécialisé en Production Audiovisuelle ESG Paris
|

|
Le mot du rédacteur en chef
Qui dit nouvelle promotion dit nouvelle équipe de rédaction et nous sommes heureux de vous présenter notre premier numéro de « Grand Angle ». Nous serons huit à vous proposer cette année toujours plus d’articles en gardant à l’esprit notre objectif de vous informer, de vous divertir et de vous servir. « Grand Angle » continuera à se partager entre le cinéma, la télévision et les nouveaux médias pour pouvoir s’adresser à tous les profils du monde audiovisuel.
Nous n’oublierons pas les interviews des différents intervenants du MBA et nous commençons pour ce numéro avec deux entrevues très intéressantes de Françoise Guyonnet et Olivier Landau. Sans oublier les anciens qui nous diront où ils en sont aujourd’hui et qui nous donnerons leurs précieux conseils.
Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter une très belle année et je vous laisse avec « Bref », « We need to talk about Kevin », « Noob » et le box-office 2011.
Josselin Dubocage
Rédacteur en chef
|
La nouvelle équipe de rédaction



Actu TV : Bref, le succès de la rentrée |

Bref, c’est la nouvelle mini-série de Canal Plus. Rapidement devenue culte, cette dernière a également bénéficié d’échos positifs sur la toile, contribuant à ce succès. Elle a aussi permis à Canal Plus d’atteindre un record d’audience le 6 octobre dernier avec 2,5 millions de téléspectateurs lors du Grand Journal de Michel Denisot, qui avait invité l’équipe de la série.
Un concept simple et efficace
Bref, ce sont des histoires d’une durée d’une minute trente se décomposant en petites scènes rapides racontées avec une certaine autodérision par le personnage principal (Kyan Khojandi). Cette narration très rythmée permet ainsi aux gags de s’enchaîner facilement. Les histoires suscitent facilement notre intérêt, car elles nous ramènent souvent à des situations de la vie quotidienne ou à des situations connues. Ces dernières nous sont dépeintes avec humour et le personnage principal, pas spécialement un winner, devient rapidement attachant. De plus, certaines mécaniques dans les épisodes reviennent régulièrement et permettent de donner des repères aux téléspectateurs. Le format de cette série la rend également très accessible. Les histoires sont quasi indépendantes les unes des autres et elles ne prennent pas plus de deux minutes à regarder.
Un phénomène qui s’étend au web
Le succès de la série repose également sur l’engouement suscité sur la toile, et notamment sur les réseaux sociaux. En près de trois mois de diffusion, elle a su fédérer plus de 1,4 millions de fans sur sa page Facebook. La série étant également aisée à imiter, de nombreuses versions de fans ont vu le jour et permettent aujourd’hui d’alimenter le phénomène. Même les Guignols de l’Info y sont allés de leur petit hommage.
Bref, un succès durable ?
Après bientôt trois mois de diffusion, la série semble être sur la voie du succès, néanmoins certains doutes subsistent. Pour le moment, elle bénéficie de l’effet de surprise, mais il se peut que d’ici quelques temps un essoufflement se fasse ressentir. On sent, au fil des épisodes, que l’inspiration n’est pas toujours au rendez-vous, et l’on remarque une qualité très variable d’un épisode à un autre. Par ailleurs, les mécaniques de la série permettent, certes, de créer un univers identifiable, mais elles obligent à une répétitivité dans les gags qui pourrait lasser. En signant avec Canal Plus, Bref profite d’une superbe exposition médiatique, mais en contrepartie, les auteurs doivent fournir plusieurs épisodes par semaine. On imagine facilement la difficulté à livrer régulièrement des épisodes de qualité, l’inspiration ne tombant pas du ciel forcément tous les jours. Pour le moment, la critique salue plutôt (et à raison) l’originalité et la fraîcheur du concept, mais au fil du temps, le public risque de devenir plus exigeant. C’est à ce moment que la série devra démontrer qu’elle peut s’installer durablement et ne pas être juste un petit phénomène de rentrée, sans quoi son vécu pourrait bien être bref…
Voir en ligne : Bref, le site des épisodes sur Cplus.fr
Luân Nghiêm
|

La TV traditionnelle versus TV online |
 |
Article sélectionné parmi les blogs de la promotion |
|
La télévision online est une extension de la télévision.
Bien plus qu’un outil complémentaire, elle cannibalise celle-ci sur différentes cibles, tranches horaires, programmes.
L’utilisation de cet outil coïncide avec certains besoins qui diffèrent de ceux satisfaits par la télévision. Nous allons nous intéresser aux raisons qui amènent les usagers à choisir entre ces deux médias.
Commençons avec quelques chiffres pour avoir une vue globale et préciser ce qui se passe pour ce média éclaté entre deux écrans :
- La moyenne d’heures d’un américain passé devant la télévision par mois s’élève à 153 heures, contre 3 heures pour la télévision online.
- En revanche, pour ceux qui regardent les deux télévisions, on peut ajouter 3 heures supplémentaires de télévision online et 3 heures de télévision mobile.
Les personnes regardant la télévision sur leur lieu de travail durant la pause déjeuner s’avèrent être plus productives que les autres (augmentation de la productivité de 9%).
La télévision online permet plus de liberté, d’ailleurs 52,8% des gens qui l’utilisent le font parce qu’ils ont raté un des rendez-vous donnés par la télévision. Ils consultent la télévision sur Internet afin de pouvoir se mettre à jour et pouvoir profiter du prochain rendez-vous. Ils préfèrent regarder l’épisode, le film, l’émission manquée via la télé de rattrapage – 36,4% le font une fois par semaine.
47% de ceux qui regardent la télévision online recherchent la possibilité de voir la suite de leur série en avant-première et généralement choisissent de regarder des épisodes de la même saison.
A chacun des deux types de télévision correspond un mode de relation : mise sous tutelle versus opportunisme.
La télévision propose des rendez-vous audiovisuels mais surtout des moments de convivialité entre les personnes. La télévision online permet une autre vision de la télévision. C’est une expérience à part entière avec la possibilité d’exploitation des contenus en ligne. Il ne s’agit plus d’un moment de partage mais bien d’un accès à une information précise.
La télévision permet d’entrer dans l’intimité du téléspectateur, mais propose peu d’interaction. « … un téléspectateur « élève » d’une télévision messagère ; un citoyen, mais soigneusement mis sous tutelle.»
La télévision online qu’elle soit via ordinateurs ou tablettes – qui fleurissent de plus en plus dans les foyers – ajoute une dimension contextuelle à la télévision traditionnelle car nous pouvons sélectionner notre propre programme, celui qui se marie le mieux avec le lieu où nous nous trouvons, notre envie au moment de la visualisation ou la situation dans laquelle nous nous trouvons. De ce fait, la relation avec ces télévisions (online et traditionnelle) est d’autant plus personnelle.
Nous sommes dans une société individualiste où « …le sentiment d’être en phase avec plusieurs centaines de milliers d’autres gens, qui eux-mêmes sont devant leur poste au même moment » ne nous intéresse plus. Parce qu’à travers les programmes que nous regardons, nous recherchons à représenter notre personnalité, d’assumer notre singularité.
C’est aussi une preuve de réalisation personnelle parce que nous pouvons choisir. Le choix étant la liberté.
Héloïse Fouquet
http://heloisefouquet.blogspot.com/
Les blogs de la promotion 2012 sont maintenant en ligne. Vous pouvez les retrouver sur la page du MBA |


Actu ciné : Box Office
|

Cette année ce sont deux films français qui se retrouvent en tête du box-office. Intouchables de Eric Toledano et Olivier Nakache s’est imposé comme l’événement de l’automne, et désormais comme le vrai phénomène de 2011. Ce succès surprise a bénéficié d’un excellent bouche à oreille : ses entrées ont connu une hausse de 45% entre la première et la deuxième semaine d’exploitation. Avec une moyenne de 2 millions de spectateurs par semaine, il est fort probable que le duo Omar Sy/ François Cluzet ne s’arrête pas là et atteigne de nouveaux sommets…
Ancien numéro 1, Rien à déclarer de Dany Boon n’a pas atteint le record de Bienvenue chez les Ch’tis, mais est tout de même resté premier pendant cinq semaines consécutives. Avec 1036 copies en première semaine, le film a notamment bénéficié d’une très bonne exploitation en Province.
Comme à son habitude, le jeune sorcier a sa place dans les premiers du box-office, puisque l’ultime opus de ses aventures, Harry Potter et les reliques de la mort deuxième partie, réalisé par David Yates, a attiré 6,4 millions de spectateurs en salle.
Si l’adaptation à la sauce Spielberg des aventures du célèbre reporter peut en déstabiliser certains, les spectateurs sont pourtant bien au rendez-vous pour Tintin et le secret de la licorne. Le film en motion picture a dépassé les 5 millions d’entrées en un mois d’exploitation. Il réalise également de très bons scores au Royaume-Uni, en Espagne, en Finlande, en Grèce, en Russie et en Belgique. Pour connaître l’accueil que réserveront les américains au héros d’Hergé, il faudra attendre le 21 décembre.
En cinquième et sixième position, on trouve deux productions qui sont également bien placés au box-office américain : Pirates des caraïbes, la fontaine de jouvence de Rob Marshall et La Planète des singes, les origines de Rupert Wyatt. Avec plus d’un milliard de dollars de recettes mondiales, le nouvel opus avec Johnny Depp et Pénélope Cruz affiche cependant des résultats inférieurs aux deux films précédents de la saga.
Quant au préquel adapté du roman de Pierre Boulle, il a réalisé des chiffres au-delà des espérances de la Fox, et est resté en tête de classement pendant trois semaines, avec 3,2 millions d’entrées cumulées.
Sorti en février, en contre-programmation de Rien à déclarer, Le discours d’un roi, de Tom Hooper, a été un succès critique et public. Récompensé par les quatre oscars les plus prestigieux (meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur scénario et meilleur acteur pour Colin Firth), le film a pu tenir sur la durée, pour un total de 2,9 millions de spectateurs.
Comme d’habitude, l’été a été propice aux films familiaux, et plus particulièrement aux films d’animation. Cars 2 de Brad Lewis et John Lasseter et Les Schtroumpfs de Raja Gosnell ont tous deux dépassé les 2 millions et demi d’entrées. Si dans l’absolu, ces chiffres sont bons, ils ne sont toutefois pas à la hauteur des attentes d’un film des studios Pixar, et des succès qu’ont pu connaître Toy Story ou Là-haut les étés précédents. Pour Les Schtroumpfs, Sony compte réitérer le succès de ce premier volet avec une suite qui est déjà en préparation.
Enfin, le troisième volet de la franchise de Michael Bay, Transformers 3, La Face cachée de la lune, vendu comme LE blockbuster de l’été, a bien profité de sa sortie pendant la Fête du cinéma et a réalisé 2,6 millions d’entrées.
Rang |
Film |
Entrées 1ère semaine |
Entrées cumulées |
1 |
Intouchables |
2 126 545 |
10 060 497 |
2 |
Rien à déclarer |
2 587 056 |
8 061 896 |
3 |
Harry Potter et les reliques de la mort 2ème partie |
3 129 485 |
6 471 905 |
4 |
Les aventures de Tintin, le secret de la licorne |
3 158 313 |
5 150 283 |
5 |
Pirates des caraïbes, la fontaine de jouvence |
1 693 713 |
4 565 668 |
6 |
La planète des singes, les origines |
1 321 648 |
3 218 611 |
7 |
Le discours d’un roi |
494 161 |
2 941 141 |
8 |
Cars 2 |
1 047 200 |
2 796 772 |
9 |
Les Schtroumpfs |
866 439 |
2 689 011 |
10 |
Transformers 3, la face cachée de la lune |
1 315 020 |
2 620 918 |
|
Lucie Brissot

Critique de film
|

Le film que j'aurais aimé produire : We need to talk about Kevin
Titre original : We need to talk about Kevin
Réalisation : Lynne Ramsay
Scénario : Lynne Ramsay et Rory Kinnear d’après le roman de Lionel Shriver
Production : Independent / BBC Films / Artina Films / Atlantic Swiss Productions / Footprint Investment Fund / Forward Films / Lipsync Productions
Acteurs : Tilda Swinton, John C. Reilly, Ezra Miller
We need to talk about Kevin s’ouvre sur un incroyable plan large d’une foule compacte et mouvante qui s’éclabousse de jus de tomate. La camera qui se trouve à l’horizontale, à quelques mètres du sol, filme en contre-plongée cette masse organique, rieuse et désordonnée, emportée par un élan joyeux. Le rouge envahit le cadre. Les gens se poussent, se pressent, clament, mais aucun son ne nous parvient. Quelqu’un hisse Tilda Swinton au dessus de la foule, où elle flotte quelques instants heureuse, emmenée par une vague de bras… Avant de se réveiller dans le petit pavillon de banlieue minable et froid, qu’elle habite seule.
Comme une persistance rétinienne, la tâche rouge originelle ne quittera plus le cadre. On la retrouve disséminée tout au long du film de façon plus ou moins subtile (les aiguilles rouge du réveil, de la confiture de fraise, un vêtement rouge, etc.). Ces rappels incessants qui ont été abondamment reprochés à la réalisatrice à Cannes ne sont pourtant pas si grossiers qu’on a bien voulu le dire. Ils mettent en scène deux ressorts fondamentaux qui animent le personnage principal incarné par Tilda Swinton : la culpabilité et l’expiation. Ils se mettent en branle dès la deuxième scène qui ancre Tilda Swinton / Eva dans le réel. Eva se réveille et le monde froid et esseulé qui est le sien la saisit de plein fouet (On imagine qu’elle vit ce saisissement chaque matin, que son réveil sonne uniquement pour la tirer d’un rêve agréable afin de la plonger dans le sordide de son quotidien). Eva sort de chez elle et trouve sa voiture et la façade de sa maison vandalisées, recouvertes de peinture rouge par des inconnus. L’histoire se déroule et on comprend que son fils a commis un fait divers terrible, ce qui lui vaut d’être détestée par son voisinage. Dans la journée les épreuves se succèdent, une femme qui la reconnaît la gifle dans la rue, une autre se venge au supermarché, Eva reste stoïque. Même son travail minable et monotone pour lequel elle est clairement surqualifiée ne l’excède pas. Eva vit chaque jour comme une expiation. Elle traverse la journée impassible, endure la colère, le mépris et l’humiliation avec grâce.
Semblable à une figure de la tragédie grecque, les travaux de longue haleine ne l’effrayent pas. Eva se lance dans le nettoyage de la peinture qui macule sa maison, le film est émaillé de séquences où on la voit frotter et faire disparaître petit à petit la tâche rouge qui engloutit sa façade. Ce travail long et méticuleux forme une analogie avec un autre processus dans lequel elle s’engage aussi : le travail de mémoire. Eva veut comprendre ce qui a dysfonctionné dans l’enfance de son fils. Elle veut comprendre à quel moment il est devenu un monstre. Pourtant ses souvenirs ne lui donnent pas plus d’indices. Du plus loin qu’elle se rappelle elle a toujours été désarçonné par cet enfant, elle n’a jamais su s’y prendre avec lui.
(Le scénario analyse avec finesse cette relation mère-fils défectueuse et Tilda Swinton livre un jeu remarquable.)
Eva a pourtant l’impression de faire de son mieux, mais elle contemple son fils comme une mécanique qui coince. Il s’agit pourtant du vivant, et le vivant est complexe. Il n’obéit à aucune loi. Son fils qui devrait l’aimer et grandir heureux dans leur grande maison de province lui échappe. Plus elle essaie de l’étreindre, plus il lui apparaît complexe et insaisissable. Pourtant elle n’abandonne pas, et le film est l’histoire de ce combat. Un combat sans réponse.
Anaïs De Clercq
|


Françoise Guyonnet
Directrice vidéo France de STUDIOCANAL
|
Pourriez-vous nous expliquer votre parcours ?
Après avoir travaillé chez Nielsen, j’ai intégré Warner Music où je me suis occupée du Special Marketing. Le Special Marketing, c’est tout ce qui peut amener du chiffre d’affaires additionnel. On y trouve donc les compilations, les opérations type coffret de Noël ou type opérations prix ou encore les vidéos musicales, puisqu’à l’époque, on captait les concerts des artistes que l’on sortait en DVD ou en VHS. J’ai travaillé chez Warner pendant cinq ans environ et je me suis rendue compte que ce qui m’intéressait, ce n’était pas le son, mais l’image. Je suis donc ensuite partie dans l’audiovisuel chez France Télévisions Distributions, qui est la filiale commerciale de France Télévisions. Là-bas, on a vraiment développé les produits dérivés tels que les livres, les disques, les vidéos, la VoD, et la téléphonie sur toutes les chaînes du groupe. Il y avait énormément de projets. Enfin, j’ai rejoint le groupe Canal en 2006 pour diriger le département Vidéo France, poste que j’occupe encore aujourd’hui. Canal est un très beau groupe avec une très belle image de modernité, d’innovation et de perfectionnisme. C’était donc très motivant de les rejoindre. De plus, le poste proposé me permettait de me concentrer de nouveau sur la partie du support qui m’intéresse le plus, c’est-à-dire la vidéo et plus particulièrement le cinéma et les programmes dérivés de nos antennes, à savoir les créations originales et l’humour.
Pourriez-vous nous décrire l’activité de Studio Canal ?
STUDIOCANAL est une filiale à 100% du groupe Canal +, implantée dans trois pays : la France, l’Angleterre et l’Allemagne. Nous sommes un studio de cinéma européen, à mi-chemin entre une major américaine, qui a une vocation mondiale et un indépendant français, qui a une vocation nationale. C’est un cas assez unique. Le studio coproduit des films et les exploite sur tous les mandats : distribution en salle, vidéo, ventes TV, ventes internationales, VoD, etc.
Nous éditons trois types de projets en vidéo : tous les films coproduits par STUDIOCANAL, une douzaine par an, tel que Hollywoo, avec Florence Foresti et Jamel ou La Délicatesse des frères Foenkinos, mais aussi des films indépendants américains, comme La Taupe, adaptation du roman de John le Carré et aussi des films d’action comme Dos au mur qui sort l’année prochaine. Tout ceci constitue notre premier pilier.
Notre second pilier, c’est notre catalogue. Au fil des années, STUDIOCANAL a racheté des catalogues, soit 7000 films que nous exploitons. Cette exploitation ne se fait pas forcément en vidéo, elle peut se faire en TV, ou en ventes internationales. Elle ne se fait pas forcément non plus sur tous les territoires.
Notre troisième pilier, c’est le hors film sur lequel nous travaillons en collaboration avec les antennes du Groupe. Il existe essentiellement deux aspects du hors film, les Créations Originales de Canal+, comme Borgia et Braquo 2, et l’humour.
Pourriez-vous nous expliquer votre métier ?
Pour le catalogue, je regarde les titres dont on dispose et je crée des événements pour mettre en avant les sorties DVD ou Blu ray de ce catalogue. Par exemple, en ce moment, c’est la campagne des coffrets de Noël. Chaque année, STUDIOCANAL sort une centaine de coffrets dont une cinquantaine de nouveautés pour lesquels nous devons penser les packagings et la matière pour événementialiser le contenu. Concernant les nouveautés cinéma, je suis membre du comité d’évaluation. A ce titre, je lis en moyenne trois à cinq scénarios par semaine et je participe aux décisions sur les films sur lesquels nous souhaitons investir. Nous en produisons une douzaine par an, c’est un choix stratégique.
Sur le Hors Film, mon équipe va voir un certain nombre de spectacles d’humoristes, et nous lisons également les scénarios des Créations Originales. J’ai aussi toute une équipe qui s’occupe de la production et de l’édition des DVD. Ce sont des chargés de projets qui vont travailler sur l’habillage du DVD, son encodage, ses bonus, etc. Puis, il y a l’équipe des chefs de produit, avec un directeur marketing, qui va s’occuper des jaquettes, des campagnes de communication et des partenaires média pouvant donner de la visibilité à nos sorties.
Que pensez-vous du marché actuel de la vidéo ?
Le marché de la vidéo a beaucoup diminué entre 2005 et 2009, environ moins 30%. On peut l’expliquer par diverses raisons. Le piratage, bien évidemment, est un des éléments cruciaux. D’autre part, la baisse en valeur du marché est dû à une baisse tendancielle du prix des DVD. Le support s’est démocratisé, mais il a aussi du faire face à l’arrivée de nouvelles habitudes de consommation des loisirs. Le temps passé sur Internet ou sur les jeux vidéo, c’est du temps en moins passé pour des DVD. La VoD est également une forme de concurrence à la vidéo physique. A présent, il faut que le marché retrouve une forme d’équilibre. Il y aura toujours une place pour le support physique et on le constate très bien en cette période de fêtes. Cette place sera peut être moindre, mais les consommateurs auront toujours envie, comme lorsqu’ils achètent des livres, de pouvoir offrir des DVD physiques.
Quels conseils pourriez-vous donner aux étudiants ?
Un conseil que je donne toujours, c’est de multiplier les stages. La formation du MBA ESG est très pragmatique et très orientée vers le monde de l’entreprise, c’est ce qui la rend performante. Pour réussir, il faut avoir une tête bien faite, mais il faut également avoir eu des premières expériences sous forme de stage dans ce milieu. Je conseillerais également aux étudiants de légèrement diversifier leurs stages. Dans nos métiers, on est très vite catalogué, c’est pourquoi il faut essayer de faire le maximum de stages et les diversifier afin de voir différentes facettes du milieu et vous aider à faire le choix le plus pertinent pour votre carrière. Il y a plein de métiers que l’on ne connaît pas tant qu’on ne les a pas exercés. Par exemple, peu de gens pensent à postuler à la programmation, alors que c’est extrêmement intéressant. On y voit comment se construit la grille des programmes, c’est le cœur de ses préoccupations. Ca permet d’avoir la vision stratégique des enjeux d’une chaîne. Enfin, il faut faire des stages le plus long possible, car il faut toujours un ou deux mois pour former les stagiaires et c’est seulement ensuite qu’ils peuvent obtenir de plus en plus de responsabilités. |
Propos recueillis par Lucie Brissot et Luân Nghiêm


|
Johanna Bourson Promotion 2008 |
|
Pourrais-tu nous expliquer ton parcours et les raisons qui t’ont conduite à l’ESG ?
D’abord, j’ai suivi un parcours généraliste, et je me suis spécialisée au fur et à mesure. J’ai fait une prépa littéraire, puis une licence de philosophie à la Sorbonne avec une licence de management culturel dans une école privée. Puis, j’ai commencé mon master 1 de philosophie, que je n’ai pas terminé, et j’ai suivi le master de management culturel. C’est là que j’ai commencé à faire des stages dans l’audiovisuel, et comme cela m’a plu, j’ai cherché une école où je pouvais étudier de la comptabilité, de la gestion, du juridique et du droit, des choses pointues que j’avais très peu eu dans mon école de management culturel. Là, c’était vraiment spécialisé. J’avais déjà fait des stages dans ce secteur, je savais que c’était vers cette voie que je voulais m’orienter.
Qu’as-tu pensé de ta formation à l’ESG ?
Les cours de l’ESG ont été très bien sur de nombreux points. Je m’en sers parfois pour des choses très précises, comme les droits musicaux par exemple. Juridiquement, c’est impeccable. Il y a aussi de très bons intervenants que l’on recroise par la suite dans la vie professionnelle.
En ce qui me concerne, je n’avais jamais fait de comptabilité ou de gestion. Et c’est vrai que par la suite lorsque l’on se retrouve face à un bilan envoyé par l’administratrice de production sur les comptes d’un film, il ne faut pas être perdu avec un plan comptable.
Pourrais-tu nous parler de ton parcours professionnel ?
J’ai fait trois postes. D’abord, assistante de production sur un tournage, c’est-à-dire assister le directeur de production sur le tournage, gérer les contrats, les notes de frais, mais aussi les techniciens et la régie.
J’ai également été chargée de direction, un métier complètement différent. On travaille toute l’année pour une structure, on assiste le producteur dans la recherche de financement, dans les RDV professionnels, les dossiers, on l’aide pour assister les auteurs, pour assister les réunions d’écriture.
J’ai travaillé pour deux structures : les Enragés et surtout Capricci films.
A Capricci films, j’ai été chargée de production un an et demi et ils m’ont offert le poste de directrice de production, mon dernier travail.
Et donc en tant que directrice de production, j’ai dû embaucher une équipe de techniciens, gérer le budget donné par le producteur, ne pas le dépasser et respecter des impératifs. Le budget est géré en amont trois mois à l’avance, car il y a des obligations avec des régions, des conventions à respecter, les droits du travail, etc.
Qu’est-ce qui te plait le plus dans ce métier ?
Ce qui me plait le plus en tant que directrice de production, c’est d’accompagner le projet à la fois financièrement et artistiquement. De le voir se mettre en place, c’est extrêmement passionnant. C’est assez émouvant de voir un film se faire et de le voir sur le plateau toute la journée. Nous sommes la personne la plus exposée du tournage et dès que ça ne va pas c’est nous que l’on vient voir, mais si tout roule, ce n’est jamais grâce à nous au final. C’est un rôle difficile à tenir, mais artistiquement, on influence beaucoup les choses. On doit faire les bons choix, on doit parfaitement connaître tous les métiers de la production, parce que c’est nous qui décidons de ne pas donner 10 000€ à la décoration, mais seulement 5 000 parce que l’on estime que c’est suffisant pour faire le film. On peut aussi décider de donner plus d’argent à la technique, ou dire au chef opérateur que l’on n’est pas d’accord avec ses choix de caméras. Pour cela, on a besoin d’avoir connu d’autres tournages, savoir comment ça se passe, de connaître tous les postes et les besoins par rapport au film sur lequel on travaille. C’est vraiment complet. C’est ce que j’aime, le côté vraiment complet et vraiment varié du poste. C’est assez passionnant.
Quels conseils pourrais-tu donner aux étudiants ?
On vous le conseille rarement, mais il faut aussi lire beaucoup et en particulier sur les domaines qui vous intéressent. On apprend beaucoup des ouvrages de réalisateurs ou même de producteurs. Il y a de nombreux livres sur la production cinéma ou télévisuelle. Lire permet de s’inspirer des parcours de gens. Cela permet de savoir vers quoi se diriger. Voir ce que les autres ont fait, c’est toujours intéressant.
Il faut aussi diversifier vos stages, car ça permet de voir ce qui ne nous plait pas et aussi parce que ce sera plus dur de changer une fois dans le monde du travail. Si on commence en vente ou en distribution et qu’ensuite, on vise la production, c’est moins évident. Faire une expérience en TV et une en cinéma, c’est une bonne idée. Faire un stage en vente, un autre en production et un dernier en distribution, c’est parfait.
Voir de nombreux métiers dans l’audiovisuel, ce ne sera pas pénalisant pour la suite, car tout parcours se justifie. On ne critiquera jamais le fait d’avoir diversifié vos stages. Si on veut faire de la production, de l’écriture, ou du développement de projet et que cela n’a pas été fait en stage, ce sera difficile de le faire en emploi, donc on ne pénalisera pas quelqu’un qui essaie plusieurs choses. Vous pouvez avoir des conventions avec l’école jusqu’en 2012, autant en profiter. |
Propos recueillis par Julia Lagrée et Luân Nghiêm


Internet et websérie : Le noob qui sommeille en nous.
|

Si vous êtes un geek ou geekette, et que vous aimez l’humour, la web-série Noob est faites pour vous !
Créée et réalisée par Fabien Fournier et diffusée depuis le 7 novembre 2008 sur la chaîne Nolife, l’aventure a démarré sous forme de web-série (à ne pas confondre avec websérie qui s’apparente à une série sous forme d’écriture en plusieurs épisodes sur le web) avant d’être dérivée en bande-dessinée, en roman et (peut-être ?) en jeu.
La web-série est une création audiovisuelle de fiction, diffusée sur internet. Réalisée généralement avec peu de moyens techniques et financiers, elle s’est démocratisée et connaît un certain engouement tant en Europe qu’outre atlantique. Facile d’accès, elles bénéficient également de l’effet bouche-à-oreille et « plaque tournante » des réseaux sociaux, et des plateformes telle que « Youtube » ou « Dailymotion ».
Ainsi les aventures d’Arthéon, de Sparadrap, de Gaea et d’Omega Zell projetés dans le monde virtuel d’Horizon 1.0 se moquent gentiment des MMORPG et des aspects que ces jeux inspirent : la dépendance, ou encore les forts liens sociaux virtuels qui en découlent entre les joueurs. Sans prise de tête, en restant simple, les acteurs de la web-série démontrent à l’écran qu’ils sont là surtout pour s’amuser, tout en réalisant des objectifs professionnels. L’équipe du tournage se mêle aux acteurs (Fabien Fournier interprétant lui-même Fantöm, joueur numéro 1 du jeu), et ce joyeux petit monde ne cesse de voir sa popularité augmentée ! Certains épisodes vous rappelleront certainement une situation à laquelle vous avez déjà été confrontés, ou encore le test infligé à vos nerfs de joueurs « non-je-ne-mourrais-pas » ! Tous les ingrédients sont là et le jeu des acteurs est sans prétention.
La troisième saison a été lancée, et pour y faire un petit tour, voici le lien du site : http://noob-tv.com
Nous avons tous en nous un Noob attachant, qui ne demande qu’à faire profiter de sa bonne humeur, et accessoirement, de sa qualité de calamité !
Petit cours de vocabulaire pour non initiés à la culture des jeux vidéos :
Geek : terme non péjoratif désignant une personne à la page des actualités technologiques et informatiques, qui passe un certain temps derrière plusieurs types d’écrans (TV, ordi…) sans pour autant ruiner sa vie sociale.
Nolife : terme pour désigner une personne se nourrissant de haute gastronomie (il connait très bien le livreur de pizza et la carte des fast-foods), et très économe niveau temps : il n’a pas vu de lumière naturelle depuis des mois, vit encore chez ses parents, est en surpoids ou sous-poids (au choix), pense toujours que les mensurations d’une fille idéale sont de l’ordre du 115E-60-90, a pour uniforme son pyjama ou tenue portée depuis 15 jours (odeur comprise), et reste persuadé qu’il se nomme autrement que « Jean Michel Dupont », mesure 2m10, peut faire de la magie, soulever des armes de 60 kilos sans problème, ressusciter à sa guise, et est milliardaire (dans son monde, chaque bestiole tuée trimbale une bourse et c’est connu, un ours polaire a toujours 200€ pour dépanner un esquimau).
Noob : terme péjoratif, insultant, pour désigner un joueur ancien qui n’a toujours rien compris aux règles et au fonctionnement du jeu, qui est une vraie catastrophe ambulante, collant (« rush moi STP, je te donnerais une pano méga of the dead ! » mais qui ne vaut en fait que le cure dent de votre grande tante), ne sait pas écrire français (« put1 com té tro for ! Jsui méga balaiz moa ossi »), a souvent pas plus de 14 ans, et cherche un moyen désespéré pour que ses parents l’abonnent 100€/mois à ses jeux préférés.
Newbie : terme pour désigner une personne nouvelle dans le jeu, qui ne connaît pas encore les règles et le fonctionnement du jeu. Possibilité d’évolution vers le Noob ou vers le joueur lambda.
IRL/IG : « In Real Life » et « In Game », la vie réelle n’étant pas la vie du jeu, certains joueurs se retrouvent soit dans la vraie vie avec les petits oiseaux, les pots d’échappement qui tuent les petits oiseaux et le ciel gris, soit dans le jeu grâce à leur avatar.
MMORPG : jeu de rôle en ligne massivement multi-joueurs (en anglais, massively multiplayer online role-playing game), plusieurs joueurs peuvent interagir ensemble dans un monde virtuel sous forme d’avatars créés, et qui appartiennent à des catégories issues du fantasy (elfes, magiciens, ogres, invocateurs, chevaliers…). Le monde est également persistant, ce qui signifie que même lorsque le joueur n’est pas connecté, le jeu continue d’évoluer.
Camille Cornuel
|

|
|
Grand Angle est une newsletter de l'ESG / Directeur de la publication : Philippe Marcoux / Rédacteur en chef : Josselin Dubocage/ Directeur artistique : Antoine Colautti/ Rédacteurs : Lucie Brissot, Julia Lagree, Anaïs De Clercq, Camille Cornuel, Luân Nghiêm.
Pour toutes suggestions ou
commentaires, merci de nous adresser un Email, en cliquant
ici
MBA ESG - 35 avenue Philippe Auguste 75011 Paris - Tél : 01 55 25 69 18 - www.mba-esg.com
Archives de la Newsletter "Grand Angle" : http://www.pole-esg.fr/newsletter/grandangle/
Votre adresse e-mail n'a pas été transmise à un tiers. Pour ne plus recevoir ce mail cliquez ici
|
|
|